___________________________[Blow]__________________________

Autres chroniques:

Electronic Jacuzzi (2000)
Mirror, mirror (2009)
Après vous avoir parlé de "Electronic Jacuzzi" je m'en vais vous conter la suite de l'histoire de ce groupe belge, Ghinzu, au nom aussi étrange que leur look.
La suite se fera donc avec ce génialissime album sorti en 2004, "Blow" avec, pour Ghinzu, un démarrage de carrière en France, en Allemagne et en Scandinavie.
Ils représentent la nouvelle scène rock belge aux cotés de dEUS ou autre Venus et Soulwax.
La sortie de "Blow" sera suivie d'une tournée ou le groupe se fera remarquer d'une part par ses prestations déjantées(çà bouge vraiment sur scène)et bien sûr par sa musique additionnant le meilleur des influences comme Muse, Radiohead ou même le Floyd pour les moments les plus psychés.
Dans la foulée ressortira leur premier album en 2005, qui était devenu quasiment introuvable.

John Stargasm: Chant, piano, claviers, basse | Mika «Nagazaki» Hasson: Basse, guitare, claviers
Greg Remy: Guitare, basse | Kris Dane: Claviers, chœurs | Fabrice Georges: Batterie

La pochette originale sera censurée dans beaucoup de pays (dont le nôtre).
Elle montrait John Stargasm, décapité, tenant sa tête devant un micro.
Douze titres assemblés comme un puzzle bigarré.
Des guitares passablement énervées jouent les trublions derrière un piano boisé, la sensibilité le dispute à l'éner-
vement, le grandiose côtoie le dépouillé et l'ensemble garde un esprit rock et cohérent. Les ballades présentes sur l'album sont d'une beauté mélodique sombre et rare.
L'invitation proposée sur cet opus est digne d'un tour de grand huit.

1) Blow
2) Do You Read Me ?
3) Jet Sex
4) Cockpit Inferno
5) 'til You Faint
6) The Dragster-wave
7) My Sweet Love
8) High Voltage Queen (The Reign of)
9) 21st Century Crooners
10) Mine
11) Horse
12) Sea-side Friends


Grondement sourd puis décollage.
La mise en apesanteur pour l'écoute de ce disque est obligatoire.
Bruissements délicats de cordes et temps suspendu puis la voix gelée de Stargasm comme une étoile.
Le rythme démarre comme un cheval qui s'ébroue puis les premières alternances se font entendre.
La douceur et l'inquiétude dans le discours des cordes fait place à un maëlstrom sonore où les instruments sont compressés les uns sur les autres. Puis, le temps d'un battement de cils, la quiétude revient.
D'un revers de manche Ghinzu balaye 25 ans de musique pop en redessinant le paysage à l'aide d'une palette dont
les couleurs n'existaient, jusqu'ici, que dans votre imagination.
Single issu passé sur les ondes radios(les bonnes..)"Do You Read Me" est le titre pop avec lequel il faudra compter désormais et employer comme modèle pour les générations futures. Guitares alertes et refrain façon Clash, on se demande encore pourquoi, à part Muse ou Radiohead ou autre Supergrass, personne n'avait pensé à autant d'efficacité et d'accroche dans l'élaboration d'une chanson. J'aime aussi quand Ghinzu fait pencher la balance du
côté classique avec le très beau "Jet Sex".
Le piano prend une dimension de nécessité, compagnon de route de la voix de John Stargasm au bord de la
rupture.
La fin de cette chanson plonge la tête la première dans une spirale bruitiste pour annoncer "Cockpit Inferno".
Boucle synthétique et bataille rangée d'instruments en rang serré.
"Cockpit inferno" déboule comme un TGV. Le rythme est échevelé et les guitares sonnent. L'ambiance calme et le piano seul rejoue la mélodie précieuse dans un recueillement olympien.
Rythme tribal sur "Til you want" à la façon d'un Pulp Fiction ironique. La basse sonne creux, étrange, et la batterie
est minimaliste. Etrange et hypnotique.
"The dragster wave" plus calme est étoilé d'un joli piano électrique boudeur. Ambiance intimiste et sereine.
Très beau titre.
"My Sweet Love" préfère l'attente et le désir.
Piano discret puis voix tendue sur une mélodie superbe qui rappelle les plages splendides de Radiohead.
Puis le piano gronde, mugit et le monde semble se soulever pour revenir dans un calme blanc presque troublant, la rivière est retournée dans son lit.
Beau moment de pop urgentiste sur "High Voltage Queen(The Reign of)" tendue mais veloutée puis après avoir déroulé un fil d'une horizontale parfaite, le titre s'arrête en faisant voler des éclats de musique comme autant de
verre brisé.
"21 st century crooners", BO de film, monte et s'enrichit autour du piano pour s'engager dans de grandioses
envolées.
Encore une fois, un instrumental superbe qui glisse sur le plus minimaliste "Mine".
Petite guitare puis gros son métal comme quand Dionysos part en vrille. Le rythme ralentit et la chanson se pare d'atours rocks.
Eclairage intérieur electro, bruitages puis "Horse", jolie petite litanie classique engage le talent à son service. Le titre
a des influences Floydiennes. Une porte se referme puis une voix gutturale surnage au travers du non moins classi-
que "Sea side friends". La pop devient seventies et nostalgique.
L'élite de la pop à maintenant un nom: GHINZU. Il s'agit vraiment d'un album parfait où rien n'a été laissé au hasard.
Le plaisir est total et immense.
blow ghinzu
blow ghinzu
blow ghinzu
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