__________________________[Animals]________________________

Autres chroniques:

A saucerful of secrets(1968)
More(1969)
Ummagumma(1969)
Atom heart mother (1970)
Animals(1977)
Wish you were here (1975)
The wall(1979)
The final cut(1983)
A momentary lapse of reason(1987)
The division bell(1994)
P.U.L.S.E (1995)
Echoes (the best of Pink Floyd)(2001)
"Animals" est un curieux album et se détache de façon marquante dans la disco du Floyd. Sortie en 1977, il fait suite
à l'excellent "Wish you were here", difficile de passer après çà. Que se passe-t'il en 1977 dans le monde du rock?
Les choses sont en train de changer, la musique de muter, retour à quelque chose de plus essentiel, de plus direct,
de moins sophistiqué, de plus rock...Le rock progressif est agonisant, Pink Floyd est un des rares groupes à
subsister.

Nous sommes en pleine vague punk, la nouvelle génération se délecte des Sex Pistols, des Ramones et relègue au placard les vieux dinosaures progressifs, Yes, Genesis, et même Pink Floyd dont cet album "Animals" se vendra
plus que moyennement. Le groupe en lui-même ne va pas bien non plus. Depuis "Dark side of the moon" en 1973
et l'accouchement difficile de "Wish you were here" en 1975, les quatres musiciens sentent la fin venir. Gilmour et Wright en profite d'ailleurs pour peaufiner leurs projets solos qu'ils sortiront en 1978. Waters se sentant sans doute plus libre prend complètement le contrôle du groupe pour qu'il devienne enfin le "sien". Cette impression ne fera que s'accentuer au fil des albums suivants, le monumental "The wall" en 1979 et "The final cut" en 1983. "Animals" est
tout de même à mon sens une réussite: 5 morceaux pour une quarantaine de minutes de musiques. Ambiance dépressive et hivernale à l'image de la pochette(les photos intérieures sont d'une glaçante laideur)pour cet album sûrement le plus déprimant(et déprimé...)du groupe. Exit les jolies parties de saxo de Dick Parry, les envolées de clavier se font plus rares elles aussi, la guitare se fait beaucoup plus ryhtmique et rapeuse. Le concept du disque
est simple: la race humaine est divisée en trois parties: les moutons(Sheep)gardés par les chiens(Dogs)eux-mêmes dirigés par les porcs(Pigs). La métaphore peut paraitre simpliste mais elle permet au moins d'avoir donné jour à ce disque, un de mes préférés du Floyd.

Track-list

1)Pigs on the Wing 1'25
2)Dogs 17'04
3)Pigs 11'22
4)Sheep 10'24
5)Pigs on the Wing 1'26


Voyons d'un peu plus près ce que ça donne. "Pigs on the wing part 1" en ouverture, petit morceau d'un peu plus
d'une minute voix/guitare sèche à propos d'un petit cochon qui donne sa vision du monde du haut d'une aile. On retrouvera ce cochon flottant au-dessus du public lors des concerts futurs du Floyd.
Le morceau suivant "Dogs" est une très belle pièce progressive s'étalant sur 17 minutes avec des périodes sava-
mment orchestrées et amenées, ce long titre qui explore la nature humaine au travers des pensées du meilleur ami
de l'homme, tour à tour victime ou bourreau selon sa place dans la société est sublimé dans sa simplicité, ses atmosphères calmes de campagne où l'on entend des chiens aboyés au loin, ses passages épurés et aérés où la gui-
tare peut aisément s'exprimer, le texte chanté avec de longues pauses musicales entre chaque parties est incroyable d'intelligence et de finesse. Le morceau se termine dans une antienne finale au travers d'une dizaine de questions cruciales jetées à la face du monde. "Pigs" démarre sur un grognement de cochon se répercutant en écho à l'infini. Nous quittons le registre progressif pour une ambiance très guitare/basse/batterie, très rock finalement. Un titre de plus de onze minutes divisé en 3 parties distinctes, tout en rythmique. Ce titre n'est pas mon préféré du disque, je le trouve un peu long, un peu répétitif. Pink Floyd sort vraiment de ses habitudes et nous livre là quelque chose de très brut de décoffrage, le son est limite sale, le morceau semble avoir été enregistré en une seule prise et à peine remi-
xer.
Le texte est par contre toujours aussi magnifique, Waters étant déjà assez perturbé à l'époque.
"Sheep" avant-dernier morceau de "Animals" est une pure merveille "Floydienne". On retrouve tout au long de ces
dix minutes de musique tous les ingrédients qui feront les morceaux d'anthologie futur du groupe, on pourrait le comparer dans sa structure à "Comfortably Numb" sur "The Wall". Tous les instruments sont tour à tour magnifiés. Une intro au piano Fender absolument géniale, une pause au milieu du morceau avec une voix trafiquée laisse la
parole à ...un mouton :

The Lord is my shepherd, I shall not want | He makes me down to lie
Through pastures green He leadeth me the silent waters by. | With bright knives He releaseth my soul.
He maketh me to hang on hooks in high places. | He converteth me to lamb cutlets,
For lo, He hath great power, and great hunger. | When cometh the day we lowly ones,
Through quiet reflection, and great dedication | Master the art of karate,
Lo, we shall rise up, | And then we'll make the bugger's eyes water.


Dernier titre de l'album "Pigs on the wing part 2" est en 1 minutes 25, la conclusion de ce disque impressionnant.

"Animals" est un disque extrêmement recommandable qu'on soit fan du Floyd ou non. Mes préférences vont vers les titres "Dogs" et "Sheep" qui en durée représente quand même la moitié de l'album. Le groupe est dans l'état d'esprit
un peu chaotique qui permettra à Roger Waters de se poser en leader et d'embrayer sur "The Wall".
animals pink floyd
animals pink floyd
animals pink floyd