________________________[All Is Dream]_______________________

Autres chroniques:

Yerself is steam(1991)
Boces(1993)
Deserter's songs(1998)
The secret migration(2005)
La pochette superbe de "All is dream" nous invite au rêve, au magnifique, au merveilleux. Sorti en 2001, trois ans après le génial "Deserter's songs", il va imposer l'idée que Mercury Rev est un groupe à part, offrant des compo-
sitions vertigineuses, ne sombrant jamais dans la facilité.
Si les premiers disques étaient d'un abord plus difficile, celui-ci est à consommer frais en abandonnant tous préjugés.
Dix titres enfilés comme des perles sur un rideau de pluie.



1. The Dark Is Rising
2. Tides Of The Moon
3. Chains
4. Lincoln's Eyes
5. Nite and Fog
6. Little Rhymes
7. A Drop in Time
8. You're My Queen
9. Spiders and Flies
10. Hercules


Quand on écoute ce style de musique tout prend soudain son sens. On sait pourquoi un jour l'homme a attrapé un morceau de bois et a commencé à taper avec pour créer un son différent de ce que la nature lui donnait déjà.
Un son que lui-même avait produit. De récentes études l'ont démontrer, l'homme a découvert la musique en même temps que le dessin, cette forme d'expression datant de plusieurs milliers d'années à traverser le temps, s'est enri-
chie des diverses cultures, de multiples influences pour finir comme la vague venue du large, en s'étalant sur notre plage auditive, chargée de toute l'émotion des siècles passés.
La musique de Mercury Rev est de cette nature.
Même si le disque se positionne un cran en-dessous de "Deserter's songs", il est toujours inspiré et élève Mercury
Rev
à la hauteur d'un Radiohead ou d'un Massive Attack délicat et fragile. En forme de générique de film holly-
wodien, "The dark is rising" ouvre le bal à grands renforts de cuivres et d'arrangements classiques. Chanson très grandiloquente, elle poursuit la voie tracée par "Deserter's songs" dans la magnificence de la mélodie. La voix juvé-
nile de Donahue se pose avec sagesse sur ce fleuve musical. "Tides of the moon" plus inquiétante affiche une mélancolie fataliste propre à la rêverie ou à la nostalgie et glisse sur "Chains" tubesque chanson aux influences pop nettement marquées. Mercury Rev joue dans la cour des très grands avec une musique aboutie, mature, la plupart
du temps au carrefour du classique et de la pop. Sans aucun doute le titre le plus beau de l'album, "Lincoln's eyes"
et ses choeurs paradisiaques nous amène devant un parc abandonné où un portail écaillé bleu ciel s'ouvre pour nous livrer passage, nous permettant d'assister à l'union de deux silhouettes fantômatiques éclairées par le chant haut
perché de Jonathan Donahue et de sa voix d'adolescent. Le titre est superbe tout en emphase et en grandiloquence repoussant les limites de la mélodie ultime. "Nite and fog" nous fait redescendre du nuage sur lequel la chanson précédente nous avait déposé avec un rythme plus enlevé et surtout moins mélodramatique.
"Little rhymes" est certainement le titre le moins intéressant, la mélodie est souffreteuse et poussive.
Impression vite chassée par le titre suivant "Drop in time" magnifique de démesure avec une fois de plus des arrangements à tomber. Le ton se fait plus léger, à l'image d'une trouée dans un amoncellement de nuées laissant
filtré le soleil par intermittence.
"You're my queen" plus pop et moins grandiloquente vite passée, on se retrouve devant le superbe "Spiders and
flies" qui va continuer d'explorer la veine symphonique de l'album. "Hercules" conclue en grande pompe avec forts renforts d' instruments tels que ensemble de cuivres, de cordes, d'instruments à vent dans un final feu d'artifice tuto-
yant les couleurs de l'arc-en-ciel.
Très difficile de trouver des mots pour décrire les albums de Mercury Rev qui reste LE groupe à part dans le
paysage musical pop/rock du moment.
L'album qui suivra en 2005, "The secret migration" sera moins intimiste et moins personnel en s'inscrivant plus dans
la mouvance pop sans toutefois se départir d'une réelle originalité de composition.
Mercury Rev écrira en 2006 la BO de "Hello blackbird", l'émotion se dégageant de leur musique se prêtant idéalement à cet exercice.
all is dream mercury rev
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